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L’AVENIR DE LA GESTION DURABLE


Mettre la gestion durable au cœur des projets d’aménagements paysagers




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Véritables reflets de l’histoire socio-économique d’une ville, les espaces verts sont rarement planifiés comme un ensemble.
Aujourd’hui, ceux qui les conçoivent axent essentiellement leurs recherches sur le design et les attentes des utilisateurs. Pourtant, la gestion du patrimoine, l’entretien et l’intégration environnementale du projet, sont des facteurs clés de la réussite d’un aménagement et ne sont que trop peu pris en compte.
La cohérence écologique doit donc être privilégiée dans une vision globale du fonctionnement de la ville et c’est de cette gestion durable que doit découler une harmonisation de l’ensemble.
 
Au nom de la propreté et de la sécurité en ville, tout est ramassé et enlevé. Pour traiter les plantes, on utilise des produits phytosanitaires et de l’engrais, pourtant pas nécessaires dans un écosystème équilibré. L’espace s’autogère. Imports et exports énergétiques sont rationalisés. Les feuilles et branches sont recyclées dans le sol à proximité avec les décomposeurs. Cette dimension, négligée dans la gestion des espaces verts, explique, en partie, des coûts financiers élevés.

L’écosystème dans nos villes



Nous en sommes encore au « Moyen-Âge » de la gestion durable des espaces verts. Incapables de connaître les conséquences pour demain des actions entreprises aujourd’hui, nous sommes en manque de « vision karmique » ! Toutefois, certains points peuvent être d’ores et déjà améliorés.
Ainsi, le concepteur peut ajuster les surfaces et prévoir combien d’arbres ou d’arbustes implanter pour que l’écosystème urbain fonctionne correctement. Un premier test a d’ailleurs été réalisé sur la Ville de Lyon, en étalant les feuilles des trottoirs du 5e arrondissement dans un bois à proximité.
 
On peut également réduire l’utilisation des plantes à feuillage toxique ou difficile à composter (Ifs, lauriers, thuyas, platanes).
 
Autre solution, mieux prendre en compte les ratios surfaces minérales/végétaux et perméables/imperméables. Se demander quelle quantité d’eau de pluie se recycle dans la nappe phréatique dans un projet.
 
Enfin, différentes réflexions peuvent être menées sérieusement sur les « Hot spot, cool spot », l’effet albédo, les gradients de température ou l’utilisation de l’ombre, surtout dans le contexte climatique actuel.

Comment limiter les coûts de la gestion durable ?



Tout comme l’écologie appliquée apporte un complément d’information aux concepteurs d’aménagements paysagers, un affinement des aspects financiers permet un raisonnement adapté à la gestion durable.
 
Bien souvent, les défauts des espaces verts que l’on constate sont dûs au fait que l’entretien de l’aménagement a été moins étudié que sa conception. Pourtant, pour qu’un projet fonctionne à long terme, le budget d’exploitation doit être étudié au même titre que le budget d’investissement. Mais ce n’est pas le cas aujourd’hui, dans le cadre de politiques d’investissement à court terme (alors que la vie d’un arbre se mesure en décennies voir en siècles.) Au fond, ce raisonnement revient à « acheter une Ferrari et l’entretenir comme une 2CV ».
 
Les gestionnaires de nos espaces verts doivent souvent faire face à des augmentations de surfaces à entretenir chaque année sans augmentation du budget correspondant. En découle d’année en année une rationalisation des budgets qui doivent être étudiés en détail.
Utiliser moins de produits phytosanitaires est une volonté partagée par de nombreux services des espaces verts. Mais, passer du rêve à la réalité est une démarche complexe.
Le coût des méthodes alternatives devra être supporté par des économies faites ailleurs.
Pour se faire, il faudra une connaissance parfaite du patrimoine (par type de paysage) combinée avec des outils de comptabilité analytique d’aide à la décision, comme les outils cartographiques par exemple. Exprimant les coûts d’entretien par type de paysage et par m², ces outils devraient se démocratiser.
 

La formation de jardiniers



La gestion durable impose une approche de jardinage différente des pratiques horticoles traditionnelles. Avec les méthodes thermiques ou manuelles, il faut observer et intervenir au bon moment. Et plus on retarde une intervention, plus elle sera coûteuse. A contrario, la solution chimique marche à n’importe quel stade.
En outre, les méthodes dites « durables » peuvent marcher à un endroit sous certaines conditions mais pas ailleurs ni à un autre moment. Le jardinier doit donc pouvoir s’adapter et ajuster en permanence, retrouver le goût de travailler la terre, une compétence qui ne peut être acquise par tout le monde.
 
D’une certaine manière, le prestige et la noblesse de l’art de jardiner seront de retour avec la mise en application de la gestion durable, mais seront cette fois-ci combinés avec la science et le hi-tech.


 
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